Dégusté le vendredi 17 avril 2026. Repas offert via une Wonderbox (cadeau de départ des collègues).
Sur le papier, tout y était. Une Wonderbox offerte par les collègues, un vendredi soir de printemps, la route en lacets qui serpente à travers le Lavaux au coucher du soleil. Le Guillaume Tell, à Saint-Saphorin, c’est l’adresse qu’on imagine avant même d’y arriver — le genre de restaurant qu’on se promet d’essayer un jour. Deux mois de réservation. Et puis on y va.
Le cadre : une promesse vite trahie
La salle est plus sombre qu’imaginée. La décoration flotte entre le désuet et le rafraîchi à la va-vite. Le service démarre pourtant bien : la serveuse nous demande d’emblée nos allergies et intolérances. Je précise que l’alcool cuit passe, mais pas le cru. Idem pour le fromage : fondu, oui ; cru, non. Détail important. Retenez-le, on y revient plus bas.
Premier couac dès le cocktail sans alcool : je demande quelque chose d’amer, je reçois un jus d’orange bien sucré, plus acide qu’amer. Pas grave, c’est juste un cocktail. On passe à la suite.
Les amuse-bouches : audace et déséquilibre
Barbe à papa salée wasabi-menthe. Idée ambitieuse. Au nez, la menthe domine — très frais. En bouche, on croque d’abord le sucre massif de la barbe à papa avant d’atteindre le cœur wasabi-menthe. Sur la fin, le sucre prend le dessus, le wasabi dérape, et ça devient un peu écœurant. J’apprécie l’audace mais l’équilibre n’y est pas.
Puis quinze minutes d’attente. Et la verrine : gaspacho d’asperge et crème de morille. La morille est excellente, bien salée, bien assaisonnée, avec un croquant de tuile qui fonctionne. L’asperge, elle, se perd complètement. Bon, sans plus.
Le couac des intolérances : la note qui tue le plat
Première entrée : foie gras, crème de fromage de chèvre. Oui, la crème de chèvre — celle que j’avais explicitement écartée à l’arrivée. La serveuse me la présente avec un « c’est facile à enlever ». Dans un restaurant qui se veut gastronomique, c’est disqualifiant. On nous demande nos intolérances pour ensuite nous dire de trier nous-mêmes ? L’expérience est gâchée avant même la première bouchée.
Trente minutes plus tard, elle revient demander si on a fini. Ma compagne a terminé depuis quinze. Je redis que non, la crème de chèvre, je ne peux vraiment pas. Elle renvoie en cuisine, reprécise, revient avec un plat sans chèvre. Le geste est bien. Mais à ce stade, on est à une heure de repas pour seulement trois actes.
Le foie gras, lui, est excellent. Juste mal proportionné : beaucoup de foie, peu de pain d’épices. Un équilibre à retravailler.
Les Saint-Jacques-lentilles, version saucisson vaudois
L’idée est belle : marier la noix de Saint-Jacques avec une lentille cuisinée façon saucisson vaudois. Le clin d’œil au terroir est malin. La Saint-Jacques est cuite à la perfection, nacrée au centre, avec une tuile qui apporte du croustillant. Mais les lentilles manquent cruellement de goût. J’aurais aimé plus d’assaisonnement, plus de corps. L’intention est là ; l’exécution non.
Le plat principal : un canard en demi-teinte
Canard, sauce au vin, confiture de chou, légumes (navet, asperge). Canard rosé, presque trop cuit. La peau manque totalement de caramélisation — c’est elle qui devrait signer la cuisson. Résultat : le gras reste en bouche, désagréable.
La sauce, que j’espérais corsée, est plate. L’asperge ? Croquante sur les pointes, filandreuse à la base. Le navet est translucide et sans goût. Les purées tiennent la route mais l’harmonie globale n’y est pas. Chaque élément vit sa vie.
Les desserts : une vraie belle surprise, un OVNI
Pré-dessert : tapioca et sorbet yuzu. Le sorbet est excellent, d’une belle vivacité qui vient réveiller le tapioca enrobé d’une crème type riz au lait. Le tapioca seul manque de goût ; avec le yuzu, on y est. Grande réussite.
Dessert : panna cotta chocolat, glace pina colada. Je demande s’il y a de l’alcool, on me répond « un peu ». On me ramène finalement une glace basilic-concombre — bonne nouvelle, parce qu’elle est réussie : fraîche, équilibrée, bonne texture de sorbet. La panna cotta, en revanche, reste un OVNI. On ne sait pas si c’est un pudding, une mousse ou autre chose. Le coulis qui l’accompagne reste indéfinissable. Un plat qu’on ne comprend pas est un plat raté.
Le verdict
La cuisine : des idées souvent intéressantes, une exécution trop inégale. Trop peu d’assaisonnement, trop peu de tension entre les éléments.
Le service : pas à la hauteur d’une table qui se revendique gastronomique. L’affaire de la crème de chèvre résume tout.
Le rapport qualité-prix : 250 CHF pour le menu à deux, 19 CHF le cocktail sans alcool, 22 CHF avec, 14 CHF la bouteille d’eau. À ce prix-là, on attend autre chose.
Le cadre du Lavaux mérite un détour. Mais pour manger, on ira ailleurs.
Infos pratiques
- Adresse : Restaurant Guillaume Tell, Saint-Saphorin, Lavaux (Vaud, Suisse)
- Style : Gastronomique / menu dégustation
- Budget : 120 à 150 CHF par personne (menu + une boisson)
- Réservation : Fortement recommandée (réservation deux mois à l’avance ici)
- Ambiance : Salle sombre, bruyante, décoration datée
- Point fort : Le cadre du Lavaux, les desserts
- Point faible : Service approximatif, assaisonnement insuffisant, rapport qualité-prix
FAQ
Faut-il réserver au Guillaume Tell dans le Lavaux ?
Oui, fortement. Les réservations peuvent demander plusieurs semaines voire plusieurs mois d’attente selon la saison.
Quel est le prix d’un repas au Guillaume Tell Lavaux ?
Comptez environ 250 CHF pour deux personnes avec le menu, hors boissons. Avec un cocktail sans alcool à 19 CHF et une bouteille d’eau à 14 CHF, le budget réel approche plutôt 300 CHF.
Le Guillaume Tell gère-t-il les intolérances alimentaires ?
La demande est systématique à l’arrivée, mais l’exécution laisse à désirer. Lors de notre visite, un plat a été servi avec un ingrédient explicitement écarté.
Le restaurant a-t-il une belle vue sur le Lavaux ?
La salle elle-même est sombre et ne propose pas de vue directe sur les vignes. En revanche, la route d’accès au restaurant offre l’un des plus beaux panoramas de la région.
Combien de temps dure un repas ?
Comptez au moins 2h30 à 3h pour le menu complet. Lors de notre visite, le service était particulièrement lent (plus d’une heure pour les trois premiers actes).
Le Guillaume Tell est-il recommandé pour un dîner en couple ?
Non, malheureusement. L’ambiance bruyante, le service approximatif et le rapport qualité-prix discutable rendent ce restaurant peu adapté pour un dîner romantique. Il existe de meilleures alternatives dans le Lavaux.
Article non sponsorisé. Repas offert sous forme de bon cadeau (Wonderbox). Cette critique reflète l’avis strictement personnel de l’auteur basé sur une seule visite.
